L’Ukraine et l’Union européenne : je t’aime moi non plus ?

Posted by Nouvelle Europe on 29/03/10
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Les rapports entre l’Union européenne et l’Ukraine depuis la chute du communisme ont été marqués par l’ambiguïté et par des tendances contradictoires. Sous la présidence de Leonid Kuchma, pourtant élu sur une plateforme essentiellement pro-russe, le rapprochement entre l’Ukraine et l’Occident commença à s’opérer. La politique étrangère menée par le leader ukrainien se centra avant tout sur l’amélioration des relations avec les Etats-Unis, l’Ukraine signant avec l’OTAN un accord de coopération étroite en 1997. Le deuxième mandat de Leonid Kuchma, de 1999 à 2004, assombri par les accusations de non-respect du pluralisme et de vente de matériel militaire à l’Irak en dépit de l’embargo, vit un refroidissement et une stagnation des relations entre l’Ukraine et l’occident.

La première mention d’un objectif d’adhésion à l’Union européenne fut faite en 1998. L’UE refusa longtemps de considérer l’Ukraine de M. Kuchma comme un partenaire potentiel, des réformes démocratiques étant pour elles indispensables à l’amorce d’un processus de rapprochement. La Révolution orange en 2004, symbole du soulèvement de la population ukrainienne contre des élections frauduleuses et une situation de soumission effective à la Russie de Vladimir Poutine, installa au pouvoir Viktor Iouchtchenko. Celui-ci mit la réalisation des critères de Copenhague et l’intégration à l’Union en tête des priorités de politique étrangère de l’Ukraine. Il fit preuve cependant d’un excès d’optimiste : après avoir intégré dix, bientôt douze nouveaux pays et essuyé l’échec du projet de la Constitution européenne, l’UE n’était pas prête à accueillir de nouveaux membres. La difficulté de prévoir la réaction russe face à un élargissement de l’UE à l’Ukraine joua également un rôle dans le manque d’enthousiasme européen devant la possibilité d’une adhésion. Celle-ci ne pouvait cependant plus être totalement écartée dans la mesure où elle était surtout conditionnée à des efforts démocratiques, finalement entrepris par le nouveau président ukrainien: la commissaire Benita Ferrero-Waldner affirma par exemple en 2005 que la « porte de l’élargissement [n’est] ni fermée ni ouverte ». La volonté de resserrer les liens entre l’Ukraine et l’UE et de montrer à l’Ukraine le soutien européen à ses réformes amena l’intégration du pays dans la Politique européenne de Voisinage.

Devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe en février 2005, M. Iouchtchenko affirma que l’avenir de l’Ukraine était nécessairement dans l’Union européenne, du fait d’une « appartenance à une civilisation » commune. L’identité européenne de l’Ukraine est souvent invoquée par les Etats membres comme la Pologne, la République tchèque ou encore la Finlande, qui soutiennent la candidature ukrainienne à l’adhésion. Les Européens apparaissent donc divisés sur la question, même s’il est intéressant de souligner qu’une intégration de l’Ukraine à l’UE est plus largement soutenue par les populations que l’entrée de la Turquie. Entre 51 et 54% des citoyens européens soutenaient l’Ukraine en 2005, contre seulement 40% pour la Turquie, déjà bien engagée dans le processus d’adhésion. La tournure que prendront les relations entre l’Ukraine et l’Union dépendront à la fois de la volonté de l’Union à reconnaître la vocation européenne de l’Ukraine et de la politique étrangère du nouveau président, Viktor Ianoukovitch. Renversé par la Révolution orange en 2004, le candidat autrefois soutenu par Vladimir Poutine a cette fois-ci remporté une victoire électorale importante. Sa présidence déterminera sans doute plus clairement la préférence orientale ou occidentale de l’Ukraine, dont la position de zone intermédiaire entre deux puissants ensembles l’oblige à s’interroger sur ses choix politiques et son identité. L’attitude de l’UE, sa méfiance ou à l’inverse son enthousiasme face aux progrès accomplis, joueront un rôle important dans la réponse à ce questionnement.

Claudia Louati

 

Pour aller plus loin :

2 Responses to L’Ukraine et l’Union européenne : je t’aime moi non plus ? »»

  1. Comment by Muscle Maximizer | 2011/04/23 at 04:52:52

    What language is this written in?

    I see a lot of mentioning of Ukraine, I was born in Russia and understand Ukranian a little but this language I am struggling to understand…
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